Traversée alpine de Viozene à Upega entre Carnino et col du Lagarè
Viozene, petit village de la haute vallée du Tanaro, est le point de départ d'un itinéraire d'ascension très apprécié menant au sommet du mont Mongioie qui, avec ses 2 643 m, est le deuxième plus haut sommet des Alpes ligures. Il se trouve sur la ligne de partage des eaux qui sépare la vallée du Tanaro de la vallée voisine de Corsaglia, celle de la célèbre grotte de Bossea, située dans la région de Monregale.
Cette étape RivierAlp, en revanche, conserve presque entièrement le profil doux et de moyenne montagne adopté jusqu'ici qui, depuis Ormea en direction de l'ouest, nous a d'abord conduits au refuge Quarzina, puis à Viozene même. Seule exception de la journée, très agréable mais à prendre en compte car vers la fin de la randonnée, c'est la montée vers le sud du col du Lagarè, qui nous offre toutefois une descente finale spectaculaire sur le village d’Upega.
Depuis le départ, sur la place centrale de Viozene, face à l'église paroissiale de San Bartolomeo, il ne sera pas difficile, en quelques pas, d'atteindre la petite chapelle de Sant’Anna et, de là, de sortir du village pour rejoindre le départ du sentier près d'une maison isolée au pied de la forêt que l'on commencera à remonter. Le parcours est varié, sur un bon terrain en montées et descentes, ombragé et bien balisé en tant que sentier A6B (plus loin, on croisera l’A6, venant du refuge Mongioie, dont le tronçon de et vers Viozene est une variante).
Le premier site naturel intéressant est représenté par les sources bouillonnantes de « La Grotta delle Vene », un affleurement classique d'eau alpine, recueillie dans les montagnes calcaires surplombantes, qui, depuis divers points entre les rochers, se jette vers la vallée sous forme de torrent. La traversée est rendue possible par un petit pont tibétain qui est toutefois, pour l'instant, en cours d'entretien. Ce petit détour pratique permet de contourner le problème en 5 minutes de marche supplémentaires, offrant également la possibilité de passer juste en dessous des spectaculaires formations rocheuses de gneiss et des parois gris-jaune des Cime delle Colme (2 377 et 2 360 m), au-dessus de nos têtes, et de continuer confortablement en rejoignant le sentier forestier et quelques parcelles de pâturage jusqu’à l’arrivée au hameau de Carnino Inferiore. Nous nous trouvons ici sur l’ancien territoire de la « Tera Brigasca », habité par une communauté répartie dans trois vallées et divisé, après la Seconde Guerre mondiale, entre l’Italie et la France.
Tout au long du parcours d'environ 50 minutes, plusieurs panneaux d'information du Parc du Marguareis et de la Haute Vallée du Tanaro et du Pesio, très soignés et riches en détails, accompagnent la marche avec des fiches scientifiques, géologiques et éthologiques sur la faune et la flore.
Dans le hameau de Carnino Inferiore, village isolé typique construit en bois et en pierre, une halte s’impose à la petite « Foresteria di Carnino », véritable institution pour les randonneurs de la région, qui propose des dîners et des nuitées, mais aussi simplement une boisson fraîche aux tables en bois de son petit jardin à l’entrée.
Encore plus isolées, les quatre maisons du hameau supérieur de Carnino, à 15 minutes d'ici, sont regroupées autour de la petite église de Santa Maria della Neve, édifice de dévotion typiquement montagnard, avec ses fresques naïves. À quelques pas de la façade, une belle source, absolument indispensable avant la « montée » finale en direction du col de Lagarè, situé à 1 745 m, et pour la descente vers Upega.
Une fois passée la passerelle en bois le long du sentier, une forêt dense de hêtres et de conifères grimpe le long du versant oriental de la montagne, au pied de la Cima del Caplet (1 980 m) et de la Cresta del Ferà, pour franchir un dénivelé de 400 m en un peu plus de 2,5 km. Une montée que l'on peut qualifier de « difficile », mais tout à fait praticable avec un peu d'entraînement, notamment parce qu'elle est toujours ombragée, les hêtres laissant peu à peu la place aux mélèzes et aux pins, pour atteindre ensuite les parois rocheuses près du col, offrant des vues spectaculaires en direction d'un fond de vallée sauvage et intact, vers Ormea.
La descente commence dans les prairies sommitales de Pian della Ciappa (sentier A29, 1 750 m), au sommet de la ligne de partage des eaux entre le vallon d’Upega et celui de Carnino. De petits tronçons de pâturages alpins qui, au printemps, se parent de toutes sortes de fleurs imaginables, du genêt aux lys de Saint-Jean, en passant par la lavande.
La descente vers Upega est finalement raide sur certains tronçons initiaux, mais dans l'ensemble agréable et jamais dangereuse, pour un peu plus d'une heure de marche.
Le village, regroupé autour de l'église de Sant’Anna, est typique de la région, avec ses bâtiments empilés les uns sur les autres en pente, pour profiter du soleil jusqu'aux dernières heures de la journée. Il est possible de passer la nuit dans deux établissements tous deux excellents, très animés et connus des passionnés de la région : « La Locanda di Upega », juste le long de la route principale, et à quelques pas à l'intérieur du village, le refuge « La porta del Sole ».