Descente panoramique du Saccarello vers Triora entre alpages et forêts ligures
Le petit refuge Club Alpin Italien « Sanremo », dédié à la mémoire de Tino Gauzzi, est bien connu et très apprécié des amateurs de montagne ligures, notamment grâce au dévouement de la section Club Alpin Italien de Sanremo qui a fait un excellent travail au fil des ans pour le rendre entièrement accessible et confortable, de manière autonome, aux membres – et aux non-membres, moyennant un léger supplément – du Club alpin italien. La réservation est en effet obligatoire, et via la plateforme dédiée, il est possible d'obtenir le code d'accès à la lourde porte blindée équipée d'un clavier numérique qui permet d'accéder directement à la salle commune, où l'on trouve également une grande cuisine et une petite salle de bains, très spartiate. L'étage supérieur offre quant à lui une longue chambre commune avec vingt lits superposés qui, compte tenu de la position stratégique du petit refuge, sont souvent complets, surtout au printemps et en été.
Le refuge se trouve en effet sur le sentier qui relie le mont Saccarello (à la frontière) aux accès vers la mer, tant pour l'arrière-pays piémontais que pour celui de la Vallée de la Roya, situé juste après la ligne de partage des eaux vers le nord, devenant ainsi un véritable carrefour de sentiers à parcourir à pied ou à vélo. La proximité de la célèbre ancienne route militaire Monesi-Colle di Tenda, bien que non goudronnée et de montagne, permet ensuite d'atteindre le magnifique point de vue où se trouve la statue monumentale du Rédempteur, et de là, de rejoindre le refuge à pied en moins de 30 minutes de marche en direction du sud. Le refuge se trouve sur votre gauche, environ 350 mètres après avoir dépassé le refuge « La Terza », bien plus spacieux et visible, un établissement géré par des particuliers qui propose des chambres ainsi qu’un bon restaurant offrant une belle vue sur la vallée en contrebas grâce à ses grandes baies vitrées.
L'étape vers Triora commence donc une fois que l'on a quitté le refuge et emprunté le sentier dans la direction opposée à celle du Monte Saccarello et du monument du Rédempteur, mais en suivant les indications vers le col de Garlenda (2 021 m) que nous atteignons en moins de 30 minutes de marche, sur un sentier en pente douce, au milieu des alpages, et qui suit clairement une ligne de partage des eaux. À notre droite, en effet, très escarpées et par endroits en surplomb, les clairières offrent de splendides vues sur la vaste cuvette en contrebas qui, en direction de la mer, nous permet de distinguer les hameaux de Verdeggia et Realdo, minuscules villages isolés au milieu de nulle part, qui émergent, gris de pierre, dans le vert de la forêt, sur des affleurements rocheux.
En atteignant le col et les vestiges de quelques casernes, il est impossible de ne pas distinguer devant nous, décalé sur la gauche, le sommet isolé en forme de triangle du Monte Frontè (2 151 m). Le sentier qui y mène et qui le dépasse ensuite en le contournant par le bas, en direction du Colle del Garezzo (1 795 m), est celui qui fait référence à l'itinéraire RivierAlp en direction du Colle San Bartolomeo puis, après une deuxième journée de marche, vers le chef-lieu d'Imperia (Voir itinéraire C LIMONE PIEMONTE - IMPERIA).
Nous décidons plutôt de perdre de l'altitude et d'entamer la descente raide vers la cuvette sur notre droite, puis vers notre destination finale, Triora, en restant sur la droite et en suivant les balises rouges et blanches en direction du Passo della Guardia (1 461 m), situé 600 m plus bas, que nous atteignons en environ 1 h de marche. Ce tronçon de sentier est spectaculaire, une succession de petits virages en épingle à cheveux raides au milieu d'une végétation alpine de petite et moyenne taille, mais qui peut mettre à rude épreuve les genoux et les chevilles, avant d'atteindre l'aire de pique-nique située à l'entrée du sentier où le Passo della Guardia rejoint également le chemin de terre de la SP89, que nous empruntons en descente pour rejoindre Triora. Nous pourrions pratiquement ne plus la quitter jusqu'à la destination finale et, une fois arrivés au Passo del Pellegrino (1 388 m) au milieu de la forêt, continuer tout droit. Nous préférons cependant un petit détour sur la droite, bien balisé tant pour Triora que pour Molini di Triora sur le sentier RB n° 329, pour nous enfoncer parmi les conifères et contourner Rocca Pinna (1 471 m). Un sentier tranquille au milieu de la forêt s'ouvre sur de petits tronçons ensoleillés avant de redescendre pour rejoindre à nouveau la SP89 30 minutes plus loin, évitant ainsi la circulation routière, de toute façon très rare et composée principalement de jeeps de chasseurs et de cueilleurs de champignons.
Nous reprenons donc la route forestière, en ignorant la petite piste qui nous ferait passer par le Monte Grimperto (1 369 m), et une fois passé le Passo di Gorda (1 252 m) et, juste après, le cima Gorda (1 268 m), nous atteignons le point où la SP89 devient goudronnée.
À Gorda Soprana, où un panneau indique la droite, nous empruntons le sentier qui quitte la route goudronnée pour un chemin de terre au milieu de la végétation.
Après environ 500 m, faites attention au sentier en descente sur notre droite qui descend vers Triora et par lequel nous rejoignons à nouveau la SP89 (au niveau d’un virage) peu après avoir dépassé un bassin de collecte d’eau facilement reconnaissable.
Sur la longue portion goudronnée, en restant sur la droite dans la descente, après environ 140 mètres, il ne sera pas difficile d'apercevoir le panneau indiquant le centre de Triora. Une fois passé ce panneau, après environ 5 minutes de marche, nous atteindrons l'ancien cimetière du village, ancien fortin datant du XVe siècle.
Le beau village médiéval se trouve un peu plus bas, accessible en 10 minutes de marche sur une forte descente. Après les toits des premiers bâtiments plus modernes sur votre droite, il apparaît isolé et élancé sur l'éperon rocheux surplombant la gorge de la Valle Argentina, le beau centre historique aux toits de pierre grise et aux innombrables ruelles qui nous mènent vers la piazza Beato Tommaso Reggio, au centre, et les façades de l'Oratoire de Saint-Jean-Baptiste et de la Collégiale de Notre-Dame de l'Assomption.