Étape d’altitude entre Marguareis et Route du Sel jusqu’au refuge Don Barbera
À quelques pas du refuge Club Alpin Italien « Piero Garelli », en direction de l'est, commence la deuxième étape du célèbre « Giro del Marguareis », sur laquelle se superpose ici, sur environ 1,5 km, la première partie de l'étape proposée par RivierAlp.
Après avoir franchi la Porta Sestrera (2 228 m), en montant sur le sentier balisé RB H8, entre rochers et prairies, le « Giro » continue sur la même direction vers la Porta Biecai, puis de là vers le refuge Mondovì.
Le tracé de RivierAlp, quant à lui, dont la destination est le refuge « Don Barbera », « coupe » à travers le large col du Colle del Pas (2 340 m) vers le sud, pour redescendre ensuite vers la vallée du Tanaro et bifurquer enfin vers l'ouest, en direction de la destination de la randonnée.
Nous marchons ainsi sur un parcours riche en charme et en points de vue, qui, en un peu moins de 4 heures de marche, formant un fer à cheval, nous amène à contourner le massif du Marguareis en passant au pied de sommets importants tels que la Punta Emma (2 529 m), la Cima Bozano (2 568 m) et la Cima Palù (2 538 m).
À l'exception du segment initial, l'étape se déroule entièrement à plus de 2 000 mètres d'altitude, à l'intérieur des limites du Parc du Marguareis, qui protège et gère son riche patrimoine faunistique et botanique. On y trouve plusieurs points de vue panoramiques, typiques de cette partie des Alpes, offrant des vues à perte de vue, une nature intacte, des sommets peu dentelés et des pics rocheux moins élancés, qui inspirent davantage le respect que la sublime beauté picturale.
À un peu moins de 3 km du départ, après avoir dépassé Porta Sestrera et les charmantes prairies alpines plates, le joli petit lac de Ratavuloira (« chauve-souris » en piémontais) nous offre l'occasion de prendre plusieurs photos sous différents angles. C'est un excellent endroit pour une première pause, sur l'herbe moelleuse au bord du lac, avant d'affronter l'ascension d'une demi-heure tout au plus vers le Colle del Pas et de contempler ainsi le sud depuis les hauteurs.
Nous passons ensuite devant le bâtiment isolé de la « Capanna Saracco-Volante » (sentier RB n° A3B) qui, tout comme l’ancien bâtiment du Don Barbera datant des années 60, arbore sur ses parois métalliques de grands portraits en peinture noir et blanc, une véritable œuvre de street art, dans un lieu tout à fait inattendu, entre pâturages et sommets. Nous passons le Passo della Croce (2 146 m), et l'embranchement suivant offre la possibilité de redescendre en un peu moins de 2 heures vers le village de Carnino en passant par le Colle delle Maestrelle (2 023 m). Nous continuons plutôt en direction du refuge Don Barbera, désormais distant de moins d'un kilomètre, construit près de ce carrefour crucial qu'est le Colle dei Signori (2 079 m).
De l'autre côté de la vallée, sur la gauche dans le sens de la marche, on aperçoit clairement la célèbre Via del Sale, qui parcourt ici l'un de ses tronçons les plus suggestifs, même pour ceux qui aiment fréquenter la montagne en véhicule motorisé.
En s'approchant du refuge, il n'est en effet pas rare d'apercevoir quelques véhicules qui quittent la route et, après deux larges virages en épingle à cheveux sur un chemin de terre, rejoignent le refuge pour une pause. Ce refuge s'avère être un véritable carrefour pour les passionnés de tous horizons : des quads aux VTT, en passant par les voyageurs à cheval ou à dos d'âne.
Le refuge Don Barbera possède certaines caractéristiques fondamentales qui expliquent son succès et sa notoriété ; c'est aussi pour cette raison qu'il est très bien équipé et géré. Outre la Via del Sale déjà mentionnée, les itinéraires de la Via Marenca et de la Via degli Alpini passent également par ici depuis des temps immémoriaux, faisant du Colle dei Signori et du refuge un point de passage obligé pour les échanges de toutes sortes entre la mer, la montagne et la plaine de Cuneo.
Une grande partie des passionnés de montagne peuvent ainsi y trouver refuge et se restaurer, qu'ils viennent de la Valla Tanaro, de l'Ellero, de la Pesio ou de la Vermenagna, voire de la vallée voisine de la Roya, aujourd'hui française, mais italienne jusqu'en 1947.
Le refuge porte le nom de Don Umberto Barbera, prêtre et enseignant ligure. C'est précisément la section Club Alpin Italien de sa ville d'Albenga qui a souhaité, dès les années 60 du siècle dernier, rendre hommage à ce curé qui a consacré toute son existence à la formation des jeunes, à leur éducation à la montagne et au respect de celle-ci, notamment à travers une intense activité scoute, non seulement dans les Alpes ligures et maritimes.