Descente spectaculaire vers la mer entre crêtes panoramiques et maquis ligure, jusqu’à Imperia et son littoral.
La deuxième étape de l'itinéraire Monte Saccarello-Imperia est la dernière, celle qui nous mène enfin au bord de la mer, que nous conquérons pas à pas au cours d'une longue descente très agréable et ensoleillée, avec notre destination finale bien en vue devant nous pendant une bonne partie de la journée.
La première partie du parcours reste toutefois boisée et montagneuse : elle part de la petite église de Colle San Bartolomeo et remonte sur une courte distance la route goudronnée de la SP21, ici Via Torino, pour ensuite continuer à monter vers la gauche, au premier croisement, toujours sur la route goudronnée, sur la Via per Cartari.
Le sentier commence par un petit chemin de gravier dans la végétation sur la droite, après environ 350 mètres de montée, et est balisé par des marques rouges et blanches peintes au sol. Comme pour l'étape précédente, nous nous retrouvons en quelques pas sur une piste forestière, sauvage et peu fréquentée, immergés dans une nature intacte qui nous accompagne tout au long d'un grand « fer à cheval » en direction du nord, avant de bifurquer nettement vers le sud, en direction d'Imperia et de la mer Ligure.
Après un peu plus d’une heure de marche agréable parmi les arbustes, les genêts et la première garrigue, nous atteignons le Passo del Ginestro (677 m), un important carrefour routier entre les routes départementales 6 et 23, souvent fréquenté, mais surtout par des cyclistes qui affrontent les virages et les lacets jusqu’ici pour profiter du paysage, du silence et de l’air pur. Nous continuons en traversant la route pour rejoindre le chemin de terre au-delà des barrières en béton et en visant la clôture au fond, afin de nous enfoncer à nouveau dans la végétation, en marchant sur un sol confortable et sûr, toujours tout droit et en montée constante, jusqu’à atteindre le Passo San Giacomo (760 m). Nous croisons ici les balises rouges et jaunes du Cammino delle Terre Alte, l’un des itinéraires les plus appréciés des randonneurs ligures, mais que nous ignorons cette fois-ci pour suivre notre tracé qui nous mène vers une vaste pente herbeuse offrant quelques bancs et tables de pique-nique en piteux état. Le sentier continue en dépassant la pente, en montant vers le haut et en retrouvant un balisage en bois rouge et jaune en direction de Monte Torre et Pizzo d’Evigno.
Le sentier se trouve précisément sur une ligne de partage des eaux et ce n’est pas un hasard si nous marchons en suivant la frontière entre deux provinces, celle de Savone à l’est et celle d’Imperia à l’ouest. Commence alors un long tronçon très aride, marqué par des montées et des descentes constantes qui, l’une après l’autre, nous font atteindre et dépasser les derniers petits sommets près de la mer, parmi lesquels le Pizzo Montin (952 m), dans une perte d’altitude constante et lente qu’il faut d’abord gagner. L'effort est toutefois récompensé par un paysage enchanteur, riche d'une flore variée, de vastes prairies parsemées d'animaux au pâturage, et par les premières belles ouvertures sur la mer, qui se dévoile enfin. Le Monte Torre, également connu sous le nom de Pizzo d’Evigno (989 m), peut être considéré comme le point d'arrivée avant la longue descente vers Imperia.
Facilement reconnaissable de loin grâce à sa forme en dent, avec une grande croix métallique posée au sommet, il représente véritablement le dernier effort de la journée et mérite une pause pour profiter d’un panorama à couper le souffle à 360 degrés, avec les agglomérations d’Imperia et de Diano en contrebas, au bord de la mer. Mais avant même d’atteindre la croix, son impressionnante élévation par rapport au relief environnant le fait culminer à 364 mètres, ce qui en fait l’une des montagnes les plus haute des Alpes ligures, d’où, par temps clair, le regard peut en effet s’étendre jusqu’à la Corse. Ce n’est donc pas un hasard si, sur l’esplanade sommitale, à quelques pas de la croix, se trouve une colonne géodésique en fer qui en fait un point cartographique et géographique d’une importance particulière. Une petite Vierge en bronze regarde quant à elle vers le sud et vers la mer.
La descente par le sentier nous conduit d'abord au Monte Caro (842 m), puis nous fait contourner, sur notre droite, le Monte Grimaldi (674 m) et le Monte Abrighetti (596 m), sur un parcours qui, surtout au début, est par moments fatigant, avec un sol montagneux accidenté, mais qui perd rapidement de l'altitude, pour s'adoucir ensuite au milieu des premières oliveraies et de tronçons de bois et de végétation moins sauvage. Pour rejoindre le fond de la vallée, il suffit de suivre la direction principale et les balisages, qui, bien que rares, aident à ne pas se perdre jusqu’à l’embranchement du sentier, facilement reconnaissable grâce au panneau indiquant Pizzo d’Evigno dans le sens opposé au nôtre, où le sentier rejoint la petite route goudronnée SP82. Quelques pas vers la gauche nous séparent alors du Passo Grillarine (434 m) où nous devons veiller à quitter la route principale sur laquelle nous marchons, pour emprunter la petite route qui part vers la droite et qui, après quelques pas, redevient un chemin de terre, passant devant une belle propriété privée sur la gauche.
À la prochaine bifurcation du chemin de terre, nous prenons à gauche, tandis qu'à la suivante, nous continuons tout droit. Nous longeons le petit centre résidentiel de Merea sans l’atteindre, et après avoir quitté la localité de Zerbì, toujours en descente constante, sur un chemin carrossable aisé, nous atteignons le premier centre habité, désormais aux portes d’Imperia : Costa d’Oneglia, que nous traversons par la Via Adelaide Lascaris, jusqu’à ce qu’elle devienne la Via Carmine à l’embranchement vers la gauche au bout. Après la petite église du même nom, en pierre grise, avec sa colonnade moderne à l’entrée, la route devient la Salita Costa Rossa, puis la Via Santi Cosma e Damiano, des petites rues secondaires qui nous mènent rapidement vers le bas sur la Via Felice Musso. Il s’agit à tous égards d’une route de type urbain qui nous oblige donc à modifier notre façon de marcher, en faisant attention à la circulation, surtout à deux endroits peu protégés pour les piétons, avant de passer sous le grand viaduc de l’Autostrade dei Fiori. Environ 1,5 km nous séparent de la gare d’Imperia Oneglia qui, pour des raisons logistiques, peut servir de point de référence à la fin de l’étape et de ce tronçon de RivierAlp qui, avec un peu moins de 60 km parcourus en deux jours, nous a menés des 2 200 mètres du Monte Saccarello au niveau de la mer, pour une promenade dans le centre historique d’Imperia ou sur le front de mer.